Les lipodystrophies sont des anomalies de répartition du tissu adipeux. On appelle syndrome lipodystrophique une situation pathologique dans laquelle on observe une atrophie étendue du tissu adipeux corporel, et des troubles métaboliques souvent sévères tels qu’une insulino-résistance et/ou une dyslipidémie avec hypertriglycéridémie prédominante. D’autres signes s’associent volontiers au tableau (hypertrophie musculaire, stéatose hépatique, hyperandrogénie chez la femme, atteinte cardio-vasculaire), et d’autres particularités cliniques caractérisent les différentes formes à l’origine de ces maladies.Les syndromes lipodystrophiques sont en effet des maladies rares (en France, environ un cas sur un million pour les formes généralisées congénitales, un sur 100 000 pour les formes partielles), mais elles sont hétérogènes, à la fois sur le plan clinique et étiologique. L’absence du tissu adipeux peut être complète comme dans les lipodystrophies généralisées, ou bien n’atteindre que certains territoires corporels dans les formes partielles. Certains syndromes lipodystrophiques sont d’origine génétique et d’autres apparaissent comme acquis, le plus souvent dans un contexte dysimmunitaire. Selon ces critères, les syndromes lipodystrophiques sont classés en quatre formes principales : généralisées congénitales (CGL), partielles familiales (FPLD), généralisées acquises (AGL) et partielles acquises (APL). Les syndromes lipodystrophiques peuvent aussi s’intégrer au sein de pathologies systémiques complexes, par exemple des maladies inflammatoires et/ou des syndromes de vieillissement accéléré (syndromes progéroïdes).

Diagnostic

Le diagnostic de lipodystrophie, quel que soit son type, est principalement clinique et implique l’évaluation du pourcentage de tissu adipeux, la réalisation d’analyses sanguines (telles que l’HbA1c, la glycémie, la résistance à l’insuline et les triglycérides) et la réalisation d’analyses d’organes (IRM…).

Des tests génétiques peuvent parfois être inclus pour confirmer le diagnostic, mais ils ne sont pas obligatoires puisque ce test peut confirmer mais non exclure un diagnostic. En effet, toutes les mutations génétiques associées à la lipodystrophie n’ont pas été identifiées et de nombreuses recherches sont en cours sur les similitudes et les différences entre ces mutations.

Les difficultés rencontrées pour se faire diagnostiquer

Le chemin vers un diagnostic correct de lipodystrophie, quel que soit son type, est souvent compliqué. 

La lipodystrophie généralisée est souvent diagnostiquée de la petite enfance à l’adolescence, les parents ayant souvent du mal à convaincre les pédiatres de la présence d’un problème de santé, ce qui nécessite des consultations avec plusieurs spécialistes avant de parvenir à un diagnostic précis.

Les personnes atteintes de lipodystrophie partielle ne présentent souvent pas de symptômes évidents avant la puberté, et à partir de là, la progression de la maladie et les complications de santé qui en découlent varient considérablement d’une personne à une autre.

La lipodystrophie partielle est souvent identifiée à tort comme le syndrome de Cushing, ou ses symptômes sont attribués à tort uniquement à des affections telles que le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) ou le syndrome métabolique, ce qui conduit à négliger d’autres problèmes de santé. Les rapports des patients et des soignants soulignent les obstacles importants rencontrés pour être reconnus et pris au sérieux par les professionnels de la santé.

Symptômes

La lipodystrophie englobe de nombreuses conséquences importantes sur la santé. La maladie se manifeste de manière unique chez chaque type et individu, ce qui complique à la fois sa progression et l’éventail des symptômes ressentis. 

Bien qu’un petit nombre de patients signalent des problèmes essentiellement esthétiques sans problèmes de santé significatifs, la majorité est confrontée à de graves problèmes métaboliques. La répartition de la perte de tissu adipeux varie également selon le type de lipodystrophie et varie d’une personne à une autre.

Un aspect critique de la lipodystrophie est la localisation anormale des graisses, notamment dans la circulation sanguine et dans les organes vitaux comme le cœur, les reins, le foie et le pancréas, en raison de taux de leptine faibles ou absents. 

Une façon plus simple de le dire est la suivante : « lorsque la graisse n’a pas d’endroit sûr où aller, elle se localise aux mauvais endroits ».

Ce mauvais placement des graisses peut entraîner de graves problèmes de santé, notamment la résistance à l’insuline, le diabète, l’hypercholestérolémie, la stéatose hépatique, la pancréatite et les maladies cardiaques et/ou rénales, résultant de l’incapacité du corps à stocker les graisses de manière appropriée.

Traitement

À l’heure actuelle, il n’existe aucun remède pour tous les types de lipodystrophie et les réponses aux traitements peuvent différer considérablement d’un individu à l’autre.

Pour la lipodystrophie généralisée, Myalept (métreleptine) est le seul traitement actuellement approuvé.

Il n’existe aucun traitement approuvé spécifiquement pour la lipodystrophie partielle. Les approches alternatives incluent des modifications du mode de vie telles que le régime alimentaire et l’exercice, ainsi que les traitements conventionnels du syndrome métabolique, notamment les médicaments contre le diabète oraux et injectables, l’hormonothérapie substitutive (spécifiquement approuvée pour la lipodystrophie généralisée) et diverses interventions cosmétiques.

Cependant, ces méthodes de traitement traditionnelles ne sont souvent pas efficaces, ce qui nécessite une surveillance rigoureuse des personnes affectées. 

Le besoin pressant de recherche innovante et de développement de nouvelles avenues de traitement demeure essentiel dans la quête de l’amélioration de la qualité de vie des personnes atteintes de lipodystrophie.

Le parcours du patient en lipodystrophie généralisée :

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